Le retour d’enquête comme mémoire2019-05-09T17:37:16+02:00

Le retour d’enquête comme mémoire

En mai 2012, lors de la rédaction de mon mémoire de Master 1, je m’interrogeais sur le sens de ce mot : Mémoire ? Qu’est-ce que cela pouvait bien évoquer ? Bien sûr, je savais à peu prêt ce que l’on attendait de moi : écrire un travail universitaire à partir de ma recherche de terrain. Mais, malgré tout, je trouvais la polysémie du mot intéressante. Selon le liternaute.com (consultation du 9 Juillet 2012), le mot « mémoire » avait deux définitions :

« Mémoire (nom, féminin) : Sens 1 : aptitude à conserver et à restituer des choses du passées. Sens 2 : souvenir laissé par quelqu’un ou quelque chose. Sens 3 : dispositif permettant de stocker des informations. »

« Mémoire (nom, masculin) :Sens 1 (singulier) : exposé écrit sur un sujet scientifique, universitaire. Sens 2 (pluriel) : autobiographie »

Que ça soit sous sa forme féminine, masculine, singulière ou plurielle, j’avais la conviction que faire un retour d’enquête anthropologique, c’était procéder à un peu tout cela. Il fallait faire appel à sa mémoire (à travers ses propres souvenirs), raconter ses mémoires (d’être humain, d’individu vivant dans un collectif), et les synthétiser sous forme d’un mémoire (universitaire ou sous une autre forme de travail théorique et scientifique). Aujourd’hui encore, il me semble qu’il y a dans notre travail de rendu un peu de cela. Évidemment, le processus de retour d’enquête est un peu plus complexe. Il ne faut pas se baser que sur des souvenirs mais aussi sur des données collectées tout au long du terrain qui (en plus d’être des données en soi) vont aussi permettre de « ré-animer » sa propre mémoire personnelle. De plus, l’intérêt de l’exercice n’est ni  biographique ou autobiographique (comme dans des mémoires) mais l’écriture doit répondre à une problématique donnée (il faut donc faire des choix qui servent l’enquête et ne pas raconter toute l’expérience, tel qu’elle a été vécue par l’anthropologue). Enfin, si l’écrit produit s’adresse aussi à un public universitaire et scientifique, il me semble important de ne pas s’adresser qu’à ce public.